Février 2012, la France est en pleine campagne pour l’élection présidentielle d’avril. C’est un bon moment pour comprendre l’importance de ceux qui posent et cadrent les débats; comprendre surtout la façon concrète dont les médias dominants tendent à prédéterminer le résultat des élections. Le cas du traitement médiatique réservé au candidat Jean-Luc Mélenchon parait exemplaire. Avec l’aide de Julie Morel, et profitant de quelques jours de vacances, j’analyse une vingtaine d’heures d’émissions à la recherche de redondances dans les attitudes des journalistes (les façons de poser une question qui assignent implicitement l’interlocuteur à un certain rôle par exemple). J’observe ensuite les réactions de J.-L. Mélenchon, sa réponse sous forme de critique des médias assumée. Il en résulte un montage de 25 minutes qui, repris par J.-L. Mélenchon sur son propre site, atteint une assez large audience. Générant de nombreux commentaires positifs dans cette période de mobilisations, ce montage peut aussi bien paraître trop orienté, c’est le risque normal. Il disparaît ensuite en partie de son lieu de publication initial, la partie manquante est rétablie ailleurs par un internaute et je le replace maintenant ici en entier. Il s’organise autour de sept « figures » :

1/ « ça ne sera pas possible. »
2/ Assimiler à une fausse alternative.
3/ Le ridicule.
4/ « Il va bien falloir que vous les donniez vos voix. »
5/ Faire tomber le masque de la neutralité.
6/ La bataille de l’image (effacement du groupe et construction d’un personnage)
7/ La critique des médias : une stratégie politique.