billet500recto2005

Projet pour le billet de 500 euros : un bol avec un peu de riz sur fond de terre asséchée.

Proposition pour l’invention de la figure de « l’artiste chercheur » : récupérer des territoires gagnés par la publicité.

À qui a-t-on confié la création des images probablement les plus répandues, celles des billets de banque ? « En septembre 1996, dans le plus grand secret, le designer Gérard Caron, choisissait au nom de la France, la maquette des billets de l’euro. » (admirabledesign.com)

Il y a des images qui devraient relever de la sphère publique. L’université n’a pas été sollicitée pour penser l’euro,  « on » a préféré faire appel à   Gérard   Caron,   fondateur   de   la   première   agence   de   design-marketing   en   France.   Lui   et   quelques   autres,   réunis   par l’institut   monétaire   européen,   ont   décidé   pour   nous   quelles seraient les images les plus répandues en Europe. Et voici leur résultat :  Une série de billets représentant les « hommes et les femmes d’Europe à différentes époques », une autre représentant les «arts abstraits et contemporains » et une troisième sur les «styles architecturaux dans l’histoire ». Pour ne pas faire de jaloux, aucune image ne devait faire référence à un pays en particulier.  Les  européens  représentés  ne  devaient  donc  être d’aucun pays, les œuvres d’art d’aucun artiste existant, les architectures de nulle part… Les graphistes téméraires ont donc proposé de faux chefs d’œuvres du xxème siècle.  Mais ce sont   finalement   les   faux   chefs   d’œuvres   de   l’architecture d’Europe, commis par Robert Kalina, qui sont sortis gagnants. Qui a eu l’idée de classer les époques architecturales de façon à ce que le billet le plus populaire (5 euros) représente une vieille bâtisse et le billet des plus riches (500 euros) représente l’architecture contemporaine de type building ? Allez savoir…

Et si on avait confié ces images à des « artistes chercheurs » ? Je me prête au jeu de l’utopie… Et voici une image d’un billet de 500 euros représentant un bol de riz sur fond de sol asséché.

 

Frédéric de Manassein, texte et image de 2004.